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Crise économique

Quelle politique de relance pour contrer la crise ?

Hugo Lattard -  18/11/2008 17:34  - L'Expansion.com 
 
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service photo Elysée L. Blevennec
« Nous sommes tous d’accord sur la nécessité d’une relance, coordonnée, concertée de l’action économique », a affirmé Nicolas Sarkozy, lors du G20, à Washington.

Pour éviter que la récession ne dégénère en dépression, il reste l’arme d’un plan de relance. C’est une des résolutions adoptée lors du G20, réclamée avec insistance par les industriels. Preuve que quand l’économie sort de ses rails, c’est à Keynes que l’on fait appel. Aujourd’hui comme en 1929.

Keynes est ressorti des oubliettes. La crise financière a contredit l’idée que les marchés sont capables d’autorégulation. Et quand tous les acteurs ont perdu confiance, banque, entreprises, ménages, qui reste-t-il, sinon l’Etat, pour investir contre le pessimisme ambiant ? Car il s’agit aujourd’hui de contrer la première récession de toutes les économies développées depuis la seconde guerre mondiale. « Les circonstances sont tout à fait exceptionnelles », observe Xavier Timbeau, économiste de l’OFCE : « Elles présentent un très grand risque de voir la récession se transformer en dépression ».

La solution d’un plan de relance fait donc son chemin. C’est une des résolutions adoptées lors du sommet du G20, samedi dernier, à Washington. « Nous sommes tous d’accord sur la nécessité d’une relance, coordonnée, concertée de l’action économique », a affirmé Nicolas Sarkozy. Le communiqué produit à l’issue de la réunion recommande des « mesures budgétaires pour stimuler la demande interne avec des résultats rapides ». Le 26 novembre, la commission européenne doit présenter son propre plan. La Grande-Bretagne, l’Italie, ont déjà annoncé des mesures de soutien à l’activité.

Mais l’idée de relance fait encore peur. Car elle s’oppose au principe de l’orthodoxie budgétaire, particulièrement vigoureux en Allemagne. En dépit de comptes publics désormais excédentaires, Angela Merkel, la chancelière, rechigne à délier les cordons de la bourse. Tout au plus, l’Allemagne se contenterait, au niveau européen, de réaffecter les crédits non utilisés de la politique agricole commune (2,4 milliards d’euros prévus en 2008). Et au plan national, Berlin a simplement présenté, il y a 10 jours, un catalogue de mesures pour un montant de 23 milliards d’euros. Qualifié de « bric-à-brac », outre-Rhin.

Insuffisants, jugent les industriels. Lundi, les dirigeants des 47 entreprises réunies au sein de l’European Round Table ont réclamé des « mesures supplémentaires pour stimuler la demande ». Le même jour, le patron du FMI y est allé des ses recommandations. « Je pense qu’actuellement, la BCE a de la marge pour abaisser les taux d’intérêt, mais quoi qu’il en soit, l’accent doit être mis sur la politique budgétaire », a ajouté Dominique Strauss-Kahn. Car « l’assèchement du crédit risque de limiter l’efficacité » des baisses de taux, souligne le patron du FMI. En effet, la situation actuelle est celle d’une « trappe à liquidités », pour reprendre la formule de Keynes. Aujourd’hui, plus personne ne veut détenir de dette privée. Ni les banques, ni les fonds de pension, ni les ménages. Si bien que l’investissement est déconnecté des sources de financement. L’enjeu est donc de substituer à la dette privée de la dette publique, vers qui tous les investisseurs se ruent.

L’UE va se concerter sur des mesures de relance

L'Europe va se concerter sur des mesures de soutien à l'activité économique d'ici à un sommet de ses dirigeants mi-décembre, a indiqué mardi la présidence française de l'Union européene. La France « entend conduire la réflexion entre les Etats membres sur les axes prioritaires d'une action de relance », a déclaré Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire d'Etat aux affaires européennes.
« De telles mesures doivent être concertées pour être pleinement efficaces et préserver l'intégrité du marché intérieur », c'est-à-dire ne pas entraîner des avantages concurrentiels indus d'un pays à l'autre, a-t-il expliqué. En donnant pour objectif le soutien aux secteurs les plus menacés, comme l'industrie automobile.

Pour qu’une politique de relance soit efficace, il faut qu’elle soit de grande ampleur. Le FMI s’est dit favorable à un plan équivalent à 2% du PIB des pays participants. « Il vaut mieux voir trop grand que de compter au plus juste et de s’y reprendre à plusieurs fois », approuve Xavier Timbeau. Selon lui, il faut également privilégier « l’instantanéité ». « Le moyen le plus rapide est d’envoyer des chèques au contribuable », conseille-t-il, à l’instar de ce qu’a fait l’administration américaine au printemps dernier. « En matière de baisse d’impôt, il faut éviter les impôts progressifs et se concentrer sur les impôts proportionnels : taxe professionnelle et cotisations sociales pour les entreprises, CSG pour les particuliers ».

Autre mesure préconisée par l’économiste, un programme de recapitalisation des entreprises, semblable à celui retenu en France à l’égard des banques. « A un moment où les marchés de fonds propres, les bourses, sont totalement déprimés et où l’accès au financement bancaire est plus complexe, les entreprises sont prises en ciseau. Il faut que l’Etat devienne acteur de leur financement », explique Xavier Timbeau. Des émissions de dettes subordonnées, qui ne donnent pas de droit de vote au conseil d’administration, permettraient « de ne pas fausser la relation Etat entreprise ».

 
Commentaires - (3)
Ulysse65 18/11/2008 Recommander 2

@ "Bonbon" : Bien sûr, vous ne voulez pas relancer le pouvoir d'achat des particuliers. Ces salopards achètent les produits les moins chers, et ceux ci viennent des pays émergeants. C'est un raisonnement ridicule, des millions de français commenceraient par manger à leur faim si on leur rendait leur pouvoir d'achat. Et pour le moment, les produis vivriers sont encore transformés dans leur majorité en France. A quoi servirait de stimuler l'investissement des PME localisées en France s'il n'y a pas d'acheteurs potentiels. Si c'est pour l'exportation, seuls les patrons profitteraient de l'embellie et les français continueraient à se serrer la ceinture et perséveraient à se détourner des commerçants et de l'immobilier. La morosité perséverait alors qu'un vieux dicton dit : "quand le commerce et le bâtiment va, tout va". De plus, on ne va pas peinalisé les français parce que les requins des finances ont délocalisé pour engranger plus de bénéfices, fabriquant des chômeurs et des travailleurs pauvres. Si certains doivent payer, ce ne sont pas ces derniers mais ceux qui les ont mis sur la paille.

PME 18/11/2008 Recommander 3

Les collectivités locales ne gèrent pas bien votre argent, ne rêvez pas. C'est uniquement du clientèlisme et je retiens mes mots comme ancien élu centriste dans une importante municipalité de gauche. Je suis d'accord que le plan de relance doit sans attendre janvier 2009, car il sera trop tard, impérativement relancer la production européenne et pas chinoise qui nous intoxique tous les jours et dans tous les sens du termes. Mais si nous sommes arrivés là c'est aussi par l'incompétence répétée de certain dirigeant qui n'ont eu de cesse de démolir l'industrie française et européenne occidentale pour faire plaisir à un peuple inconscient et moutonniè comme l'a prouvé le référendum européen.

Bonbon 18/11/2008 Recommander 1

Et allons y ! Recommençons éternellement la même erreur ! Stimuler la demande des ménages je suppose ! C'est-à-dire aggraver encore et encore le déficit de notre balance commerciale puisque la demande c'est d'abord et avant tout des importations de Chine, Inde etc... En aucun cas ça ne stimule la production de nos entreprises. L'urgence, me semble t-il serait de stimuler l'investissement des PME, celles qui ne peuvent pas délocaliser au moindre prétexte. Une baisse ou supression de la taxe professionnelle va dans le bon sens. Mais il faut trouver par quoi la remplacer en tant que ressource des collectivités locales.

 
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