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Education

Une grève massivement suivie dans le primaire

 20/11/2008 17:47  - L'Expansion.com avec AFP 
 
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La journée de mobilisation jeudi dans l'Education a été "réussie" selon les syndicats, avec une grève fortement suivie dans le primaire. Un peu moins dans le secondaire. 100 à 220.000 manifestants ont défilé en France.

Dans les écoles primaires, entre 48% (ministère) et 69% (syndicats) des enseignants ont débrayé. Dans les collèges et lycées, ils étaient entre 21% (ministère) et "plus d'un sur deux" (selon le Snes). La grève dans le primaire a donc été la plus suivie depuis plus d'un an, alors que les grévistes du secondaire ont été moins nombreux que lors des trois grèves précédentes, selon les chiffres du ministère comme des syndicats.

"Le message transmis par toute une profession aujourd'hui est massif, net et déterminé", en ont conclu les trois principaux syndicats des écoles primaires, en donnant au ministre de l'Education "cinq jours pour ouvrir des négociations". A défaut, ils lanceront de "nouvelles actions". Plus généralement, "c'est une journée réussie", a déclaré le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri, "un tournant" selon le SE-Unsa, alors que 100.000 (police) à 220.000 (syndicats) enseignants, étudiants et lycéens ont manifesté en France, selon les chiffres fournis à l'AFP à 17H00 pour 48 villes.

La manifestation nationale à Paris le 19 octobre avait réuni 32.000 à 80.000 personnes. Jeudi, les manifestants étaient de 9.000 à 40.000 à Paris, de 5.500 à 20.000 à Bordeaux, 5 à 11.000 à Marseille, 6 à 10.000 à Lyon, 5 à 10.000 à Toulouse et à Nantes, ou encore 5.700 à 9.000 à Grenoble, 3.400 à 6.000 au Mans, 2.500 à 5.000 dans les rues de Rouen. Ils demandaient un autre budget (celui de 2009 prévoit 13.500 suppressions de postes), "le maintien des Rased" (maîtres spécialisés contre l'échec scolaire), le respect de l'école maternelle, un "véritable dialogue social" et, pour certains, une autre réforme du lycée.

"Enfants sacrifiés, parents licenciés, retraites amputées : ça ne peut plus durer !"

Dans les différents cortèges, on pouvait lire des slogans tels que "Postes supprimés = classes surchargées" ou "Enfants sacrifiés, parents licenciés, retraites amputées : ça ne peut plus durer !". A Orléans, une poupée vaudou à l'effigie de Xavier Darcos, percée d'épingles, était tirée dans un chariot. A Paris, des lycéens affirmaient "sans profs, rien n'est possible". Les candidats à la tête du PS, Benoît Hamon et Martine Aubry, étaient respectivement dans les défilés de Paris et Lille. "On ne peut réformer sur des impératifs financiers. Dans cette période de crise, il est vital pour la France de maintenir un haut degré d'excellence dans ses services publics", a déclaré le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault, qui défilait à Strasbourg.

"Cette mobilisation a une signification. Il n'y a que le ministre pour ne pas le voir. Ce n'est pas seulement contre les suppressions de postes, mais contre l'accumulation de réformes qui ne sont pas concertées", a résumé à Paris M. Aschieri. Interrogé dans la matinée sur RTL, Xavier Darcos avait dit qu'il "entendait" la grève et qu'elle allait être "importante". Mais il a aussi brocardé les syndicats "dont la fonction principale" est selon lui "la résistance au changement", estimant qu'"organiser de manière systématique" des grèves comme "réponse aux problèmes de l'école" était "démodé". Par ailleurs, le droit d'accueil a montré ses limites, de nombreuses communes se disant incapables de le mettre en place, comme Paris, Lyon ou Strasbourg, alors que Bordeaux, Marseille ou Nice l'ont organisé.

 
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