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Défense

L’Etat pousse Thales dans les bras de Dassault

G.E. -  18/11/2008 17:53  - L'Expansion.com 
 
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Emilio del Prado

Dassault Aviation reprendra pour 1,57 milliard d’euros les 21% que possède Alcatel-Lucent dans Thales. EADS a été prié de s’effacer. Le tout sous la pression de l’Etat.

EADS ou Dassault ? Le premier a longtemps convoité les 20,8% d’Alcatel-Lucent dans Thales, mais c’est finalement le second qui devrait remporter la mise. Le fabricant du Rafale vient en effet d’ouvrir des négociations exclusives pour trois semaines avec l’équipementier télécom. Cela avec la bénédiction de l’Etat. A l’issue de celle-ci, et sauf catastrophe industrielle d’ici là, Dassault Aviation mettra donc la main sur un bloc substantiel du capital de l’électronicien de défense. Sachant que sa maison-mère, GIMD (Groupe industriel Marcel Dassault), en possède déjà 5,2%.

De quoi donner à l’avionneur 26% du groupe dirigé par Denis Ranque, puisque celui-là s’offrirait dans la foulée les 5% de GIMD, estimés à quelque 390 millions. Au final, Dassault Aviation aurait à peine moins que l’Etat et ses 27%. Pour Alcatel, c’est une bouffée de liquidités après sept trimestres consécutifs dans le rouge.

« C’est une solution de transition qui satisfait les intérêts stratégiques de l’exécutif. Pour le gouvernement, cela permet en effet de mettre au chaud Thales, de le placer dans des mains françaises, décode pour L’Expansion.com un fin connaisseur du dossier. Et puis, côté EADS, cela dispense le groupe aéronautique de s’embarquer dans un dossier lourd au moment où lui-même doit gérer un nouveau cycle délicat avec l’A350 et l’A400M. En revanche, Dassault, qui n’était peut-être pas hyper chaud au départ, s’est peut-être un petit peu laissé forcer la main. Mais rien ne dit qu’il ne revendra pas sa participation à EADS justement dans 3 ou 4 ans ».

Quoi qu’il en soit, l’opération devrait se négocier sur la base de 38 euros par titre, sachant que l’action Thales oscillait autour des 30,5 euros mardi en clôture (+ 0,76%). Au total, Dassault devrait débourser 1,57 milliard d’euros. Il y a encore un mois, EADS aurait dit-on esquissé une manœuvre d’approche à 44 euros par titre avant de se désister sous la pression de l’exécutif.

Sur le fond, le dossier a été verrouillé bien en amont. C’est que Thales est présent partout, dans toute la chaîne de la Défense, des avions de combat aux satellites en passant par les frégates. Fort de sa golden share lui conférant un droit de veto, l’Etat se devait de « conserver sa prédominance au sein de Thales » dixit une source proche de Bercy. Il était hors de question que la participation d’Alcatel se négocie au plus offrant sur les marchés. D’où la solution Dassault. A Paris, l’action de ce dernier chutait de 4,6% mardi en clôture. Celle d’EADS reculait de 1,4%.

 
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