
La nouvelle organisation du travail qui devait entrer en vigueur dans le fret à partir du 14 décembre dans le fret est ajournée dans l'espoir d'éviter la grève dimanche. Insuffisant, répondent une partie des syndicats.
La SNCF a annoncé mercredi reporter de plusieurs mois la mise en oeuvre d'une nouvelle organisation du travail pour des conducteurs du fret volontaires, tandis que les discussions se poursuivent avec l'intersyndicale qui maintient son préavis de grève pour dimanche soir.
A l'issue de plusieurs heures de discussions entre la direction et l'intersyndicale (CGT-Sud-FO-CFE-CGC-CFTC), Sud, la CGT et FO ont indiqué que "rien de concret n'en était sorti" et que le préavis pour dimanche soir 20H00 était maintenu.
Les syndicats ont toutefois demandé une poursuite des négociations. "Les discussions ne sont pas rompues", a indiqué la SNCF.
"Nous voulons que les modifications encore présentes dans le projet de décret ne s'appliquent pas", a déclaré Laurent Russeil (CGT-Cheminots).
Un décret concernant l'organisation du travail (amplitudes horaires, temps de conduite, repos, etc.) de cheminots du fret volontaires est attendu pour jeudi ou vendredi.
La Fgaac et la CFDT attendent de leur côté la publication du décret pour décider de lever ou pas leur propre préavis de grève, qui démarre vendredi soir.
A l'issue de négociations avec ces deux syndicats lundi, la direction a présenté un nouveau projet de décret abandonnant son projet de porter le temps de conduite de nuit ininterrompu à sept heures trente au lieu de six heures et de modifier l'encadrement horaire des repos.
"Plutôt que s'opposer frontalement à tout décret, on a vidé les points les points les plus importants de leur substance pour que techniquement le projet de loi ne soit plus applicable", a déclaré Bruno Duchemin (Fgaac).
"Je pense que la SNCF a eu raison de négocier, je pense que l'opinion publique se serait interrogée sur une longue grève, sur un sujet qui paraissait bien technique", a commenté devant la presse Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux Transports.
Aux 923 conducteurs volontaires pour l'expérimentation, le directeur du fret Luc Nadal a expliqué dans une lettre qu'il n'était "plus possible" de mettre en place comme prévu au 14 décembre le "plan de roulement" (tableaux de service), élaboré sur la base du projet initial. Il a justifié la mise en sommeil du projet "car au-delà des perturbations pour les clients, il aurait créé des antagonismes et des crispations insupportables".
La Fgaac et la CFDT, pour qui "la direction a retiré l'essentiel de son projet", ont quand même accepté que le temps de conduite nocturne soit de six heures trente contre six heures actuellement.
La SNCF a indiqué que "le projet était reporté de plusieurs mois", mais a dit ne pas renoncer "au principe du volontariat qui devrait être confirmé dans le décret" et à son projet "d'expérimenter une nouvelle organisation du travail pour être plus compétitifs face aux opérateurs privés du fret".
"Nous ne manquerons pas de solliciter à nouveau ces conducteurs car le problème économique du fret reste entier", a souligné M. Nadal.
La perspective d'un grève à partir de dimanche soir est néanmoins toujours forte, car CGT, Sud et FO s'opposent au principe même du volontariat et réclament des discussions plus larges sur le fret.
Didier Le Reste (CGT-cheminots) a estimé que "la Fgaac et la CFDT en négociant les conditions d'application de la déréglementation du travail" avaient "officialisé la déréglementation dans l'entreprise".
"La question du fret, c'est l'organisation de la production et la stratégie, pas la déréglementation du travail", a insisté Laurent Russeil (CGT).
"Nous voulons que s'ouvrent des négociations plus globales sur le développement du fret", a déclaré Christian Mahieux (Sud-Rail).
FO, dans un communiqué, a "condamné ce projet de décret loin d'être vidé de sa substance", estimant que la direction ne fait que "différer les mesures dont elle envisageait l'application au 14 décembre".

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