Privatisé en 1984 par Jacques Chirac, le service de distribution de l’eau de la capitale va retourner dans le giron public, dès 2010.
Paris va re-municipaliser son service de distribution d'eau potable. Bertrand Delanoë, le maire de la capitale, en avait fait la promesse, lors de la campagne municipale. A Paris, le service de distribution d'eau, privatisé en 1984 par Jacques Chirac, est aujourd'hui géré par Veolia (rive droite) et Suez (rive gauche).
La ville de Paris va créer un établissement public industriel et commercial (EPIC). Cette régie municipale reprendra les activités de production assurées par Eau de Paris, société d'économie mixte détenue à 70% par la Ville, et celles de distribution, confiées au privé. A partir de janvier 2010, il aura ainsi la responsabilité de toute la chaîne de l'eau. Ne restera plus qu’un seul opérateur, public, au lieu de trois : un public et deux privés. Il s'agit de « clarifier les responsabilités et simplifier le service », a expliqué mercredi Anne Hidalgo, la première adjointe de Bertrand Delanoë.
Mais cette décision, soumise lundi au Conseil de Paris, est aussi une « décision politique ». Pour une municipalité de gauche, il est « emblématique » de soustraire au privé la gestion d'une ressource qui fait « partie des biens communs » et n'est pas une marchandise comme les autres, estime Anne Le Strat (apparentée PS), adjointe chargée de l'eau et présidente d'Eau de Paris. Souligne que cette décision recueille l’« unanimité de la majorité municipale » (PS, PCF, Verts, MRC).
Avant la capitale, Grenoble, mais aussi Castres, Châtellerault ou Cherbourg ont également re-municipalisé leur service de gestion de l’eau. Avec à chaque fois l’objectif d’offrir « la meilleure eau au meilleur prix ».
Actuellement facturée à l'usager 2,81 euros le mètre cube TTC, l'eau potable parisienne est la moins chère d'Ile-de-France, et un peu sous la moyenne française (2,9 EUR le m3), selon Anne Le Strat, qui présidera le conseil d'administration de l'EPIC.
Par cette « réforme globale », la Ville s'engage à « stabiliser, en euros courants, la part communale du prix de l'eau, malgré un contexte peu favorable qui voit se cumuler augmentation des charges, par le durcissement des normes, et diminution des recettes, par la baisse de consommation ».
Du côté de l’opposition municipale, Jean-Didier Berthault (UMP) critique beaucoup « la méthode » employée, dénonçant « une erreur technique et une faute financière ». « La vraie raison est d'affichage politique » considère-t-il. .

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