Le fabricant allemand de panneaux solaires Solarworld est-il vraiment sérieux? Il a proposé mercredi à General Motors d'acheter les sites allemands de sa filiale en difficulté Opel. Son cours de bourse dévisse.
C’est le coup médiatique de cette fin d’année. Le fabricant allemand de panneaux solaires Solarworld a proposé mercredi à General Motors d'acheter les sites allemands de sa filiale en difficulté Opel, suscitant stupéfaction et perplexité.
« Vous connaissez l'histoire de David contre Goliath? La taille n'a jamais été décisive », a lancé Frank Asbeck, le patron de Solarworld, qui se dit « on ne peut plus sérieux ». Créée en 1998 avec 29 personnes, son entreprise est certes une success story puisqu’elle réalise un chiffre d’affaires de près de 700 millions d’euros et emploie 2.500 personnes. De quoi se distinguer des "start up" solaires qui pullulent en Allemagne, et de quoi se tailler aussi une réputation de "chouchou" de la Bourse.
Mais pas encore suffisant pour approcher la taille d’Opel en Allemagne qui emploie 26.000 personnes pour des ventes de 8 milliards d’euros. Le projet de Solarworld ? Racheter les quatre usines allemandes ainsi que le centre de Rüsselsheim, un des plus gros pôles de recherche et de développement de GM, pour en faire « le premier constructeur vert européen ». L’obejctif affiché est de lancer de nouveaux véhicules propres, en sus de la gamme actuelle d'Opel qui serait maintenue comme les Astra ou les Corsa.
Mais son offre est assortie de nombreuses conditions. Solarworld se dit prêt à mettre 250 millions d'euros en cash sur la table et 750 millions en lignes de crédit si Berlin garantit la dette de la filiale allemande du constructeur automobile américain. Une hypothèse actuellement envisagée par l’Etat fédéral allemand et les Länders au cas où où GM ferait faillite.
Le spécialiste solaire demande également que le gouvernement se porte caution pour les lignes de crédits et réclame une compensation d’un montant égal à son offre, soit un milliard d’euros.
Enfin, son offre suppose qu’Opel soit totalement séparé de GM. Ce qui semble mal parti au vu de la première réaction du géant US mercredi après-midi, pour qui « Opel n’est pas à vendre »
Sa proposition a en tout cas laissé plus que perplexe de nombreux analystes. « C'est n'importe quoi! », s'exclame Christoph Stürmer, analyste de IHS Global Insight. De fait elle était mal accueillie à la Bourse de Francfort: Solarworld chutait de 14,60% à 13,75 euros à 13H53 GMT, sur l'indice TecDax des valeurs technologiques.
« Au premier coup d'oeil, c'est un gag marketing. Au deuxième, la faisabilité d'une telle opération est nulle », estime de son côté Stefan Bratzel, expert automobile.
Et pour cause: certes, Opel, victime de la chute des marchés automobiles et des menaces de faillite qui pèsent sur GM, traverse une passe difficile et a demandé l'aide de Berlin. Mais, créée en 1899, elle reste une des plus vieilles marques de l'automobile allemande, est filiale d'un géant mondial depuis 1929, et pèse huit milliards d'euros.
Solarworld n'a jamais produit que du solaire, et l'automobile est pour lui terre inconnue. Il a réalisé l'an passé un chiffre d'affaires de 689 millions d'euros. « L'offre de Solarworld n'est possible qu'en cas de démantèlement de GM. Or ce n'est envisageable que si l'Etat américain dit "pardon, GM, mais on ne va rien faire pour toi! ". Rien n'indique que c'est ce qui va se passer », argumente Stefan Bratzel.
Ensuite, « se lancer dans l'industrie automobile quand on est étranger au secteur ne marche pas », estime M. Stürmer, qui renvoie à l'exemple de Nicolas Hayek, "l'inventeur de Swatch qui avait voulu lancer seul la future Smart il y a une quinzaine d'années" et a dû se résoudre à un partenariat avec Daimler.
« A long terme, cela n'a aucun sens », estime lui Albrecht Denninghoff, analyste de BHF-Bank, qui y voit cependant une solution de court terme pour régler les problèmes de liquidités d'Opel. « Il faut que Solarworld se lie à un constructeur européen ou mondial ».

Le "keynote" d'ouverture, au cours duquel les nouveautés d'Apple étaient présentées, a été avare de vraies surprises. Voici les cinq points à retenir.
L'Europe centrale est frappée mardi de plein fouet par le bras de fer russo-ukrainien sur les prix du gaz, les livraisons de gaz russe via l'Ukraine ayant drastiquement chuté à environ 10% des volumes prévus, une situation "complètement inacceptable" pour l'Union européenne.
Entretien avec Colette Lewiner, directrice internationale du secteur Energie et Utlities chez Capgemini.
Les états généraux de la presse proposent la création d'un statut d'éditeur de presse en ligne et un réajustement des aides publiques afin de favoriser les développements sur internet. Premiers éléments.
Le site The Onion propose en exclusivité un reportage sur le nouveau MacBook d'Apple, un ordinateur portable qui remplace le clavier par une molette tactile inspirée de l'iPod. Une révélation à prendre avec beaucoup d'humour.
Un pirate a pris le contrôle des comptes Twitter de 33 personnalités et y a rédigé des messages d'un humour douteux. Explications.
A la limite pourquoi pas? On verra sur nos routes des voitures Opel Vertes, car elles fonctionneraient avec les panneaux solaires Solarworld.
Le Titanic a été construit par des professionnels ... L'arche de Noé par un amateur... Plus récemment Pen duick II a été construit pas Eric Tabarli, son père et des copins ... il a gagné sa première course avec ... la transat 1974 !!!! alors quand on me dit "laissez çà aux pros " çà m'hérisse le poil ...
"Ensuite, « se lancer dans l'industrie automobile quand on est étranger au secteur ne marche pas », estime M. Stürmer, qui renvoie à l'exemple de Nicolas Hayek, "l'inventeur de Swatch qui avait voulu lancer seul la future Smart il y a une quinzaine d'années" et a dû se résoudre à un partenariat avec Daimler." M.Stürmer super analyste de son état, donne un exemple qui va à l'encontre de son argumentation puisque justement Solarworld veut utiliser l'expertise d'Opel pour se lancer sur le marché "vert" de l'automobile. En plus quel meilleur exemple de réussite que la Smart de nos jours. Que les experts financiers retournent à leur titrisations et autres montage mafieux et qu'ils laissent les industriels bosser. Incroyable que l'on demande encore son avis à ce genre de personnes.
>Kriss Ce n'est pas vraiment la même chose, on parle ici de la viabilité d'un projet microéconomique et non pas de la capacité à analyser et à prédire l'état du système financier macroéconomique mondial. Cela dit, ça ne me semble pas si infaisable. Le principal argument avancés contre le projet ce n'est pas la disproportion entre les tailles des entreprises (en terme de chiffre d'affaires, Porsche et VW c'est à peu près le même rapport) mais le fait que Solarworld ne serait pas capable de se lancer dans l'automobile en partant de rien. Reste qu'on parle d'une entreprise qui a plus d'un siècle et qui a des compétences en interne. Si GM se retire, ils ne vont pas partir avec tous les ingénieurs, les techniciens et l'équipe de management au complet. Rien à voir avec Swatch qui voulait créer Smart de toute pièce. Enfin bref, il est vrai que pour ce genre de projet, un rachat semble un peu gros. Si le but est de créer des voitures vertes, un partenariat ou une joint-venture me paraîtraient plus judicieux.
J'abonde dans le sens de Kriss. Ces financiers qui ont voulu contrôler et diriger toutes sortes d'entreprises (ils les connaissaient, eux, les métiers des entreprises dont ils on pris le contrôle??) et qu'ils ont fini par mettre sur le carreau, ne sont pas bien placés pour émettre un avis !
Ce qui me fait le plus rire dans cette histoire n'est pas le côté grenouille qui voudrait devenir aussi grosse que le boeuf, mais le fait que les pseudos spécialistes financiers et autres osent encore donner leur avis après le splendide bouillon que nous connaissons actuellement et que ces soi-disant spécialistes avaient, comme d'habitude, été totalement incapable de prévoir alors que les signes avant-coureur existaient depuis des mois pour ne pas dire plus.